Il ne s’agit pas ici de remettre en cause l’engagement
fort louable de Philippe Ariño contre le mariage homosexuel, et moins encore de
diviser les adversaires de ce funeste projet de loi : en effet, si nous
écrivons cet article, c’est parce que M. Ariño prétend parler de
l’homosexualité « en vérité », c’est-à-dire, puisqu’il est
catholique, en énonçant ce que nous disent l’Eglise et la morale naturelle de
l’homosexualité. Or c’est ici que le bât blesse, et que l’on peut parler
d’imposture, que celle-ci soit volontaire ou non – imposture ou inconscience, en
tous cas, de ces innombrables responsables d’aumôneries étudiantes ou
d’associations catholiques, de ces journalistes chrétiens qui nous ont donné,
avec fort peu de discernement semble-t-il, les positions de M. Ariño comme
exemplaires et conformes à l’enseignement de l’Eglise.
jeudi 6 décembre 2012
lundi 3 décembre 2012
Les impostures d'un homosexualiste catholique (1) : Comment affirmer une chose et son contraire
Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler, dans les
milieux catholiques opposés à la légalisation du mariage homosexuel, d’un
professeur d’espagnol en classe préparatoire, Philippe Ariño, catholique et
homosexuel revendiqué. Il suffit, pour se convaincre du grand cas que l’on fait
de sa personne, de consulter la page d’accueil du site qu’il tient sur la
toile, Araignée du Désert[1] :
l’on ne compte plus ses conférences, ses interventions médiatiques, si
nombreuses en vérité qu’il lui a fallu demander un année de congé afin de les
mener à bien. On peut même dire qu’il a acquis, dans certains milieux, il est
vrai fort restreints, une telle notoriété qu’il en exerce presque comme un
magistère laïc : comme si, fort de sa double condition de catholique et d’homosexuel,
il était seul habilité à expliquer la position de l’Eglise catholique en
matière d’homosexualité.
dimanche 25 novembre 2012
Maurras entre Shakespeare, Baudelaire et Edgar Poe - Conférence de Jean François Mattei
Ce compte rendu est le premier d'un cycle de
conférences tenues lors du colloque organisé par l'Action française le 27
octobre 2012 pour le soixantième anniversaire de la mort de Charles Maurras...
D'autres suivront, mais on ne trouvera pas toutes les conférences car notre
intention n'est pas de rapporter intégralement le colloque, mais seulement les
interventions que nous avons -tout à fait subjectivement - trouvé les plus
originales. A toutes fins utiles, précisons que, si nous nous efforçons de
rapporter fidèlement ces conférences, toute erreur ou imprécision peut nous
être imputée ; et que par ailleurs nous ne nous interdisons pas certaines
libertés pour rendre plus intelligibles des exposés donnés dans un temps très
limité.
L'orateur énonce la
thèse selon laquelle la politique se résume pour Maurras à une «universelle
analogie», ce qu'il va démontrer. Mallarmé, lui, parlait du «démon de
l'analogie». Les démons, daïmon, au sens grec, sont des esprits qui font le
lien entre les dieux et les mortels et qui inspirent les hommes. L'analogie,
est désignée aussi (pour employer le français) par le terme de correspondance.
Dans la poésie de Baudelaire, c'est ce qui met en contact la Terre et le Ciel.
L'étymologie grecque ana-logos traduit un mouvement d'ascension de la pensée.
Ainsi, l'analogie est verticale et toujours inégalitaire. C'est la clef de la
pensée hiérarchique de Maurras. Il est intéressant de noter qu'à l'instar des
poètes, les scientifiques utilisent un jeu d'images (par exemple l'image du Big
Bang) ; et de même les philosophes.jeudi 22 novembre 2012
« Défendre l’héritage conciliaire »
On peut trouver, sur le site de l’hebdomadaire chrétien
et humaniste La Vie, de « libres
propos[1] »
d’Aimé Savard, « journaliste chrétien », où celui-ci s’emploie à
présenter à ses lecteurs Guy Aurenche, président du CCFD, l’un de ses
interlocuteurs dans un ouvrage qu’il a récemment fait paraître, Le pari de la fraternité. Voici ce
qu’écrit à propos de M. Aurenche notre journaliste chrétien :
Il a vécu Vatican II, «
comme un événement de renouvellement et non pas comme la bagarre d'un clan
contre un autre clan, encore moins comme une victoire sur des passéistes ou des
intégristes. Ce concile représentait une grande allégresse d'ouverture, un
immense courant d'air frais, une aération spirituelle». S'il défend l'héritage
conciliaire à l'encontre de ceux qui, aujourd'hui, le contestent ou le
relativisent, Guy le fait de manière positive : «Loin d'être aigris, je crois
que nous devons continuer à porter l'esprit du concile et approfondir la
question du sens des grandes mutations que nous vivons, et des lumières que la
tradition de l'Eglise et les grands textes fondateurs peuvent nous inspirer
pour les comprendre.»
C’est donc comme un exemplaire défenseur du dernier
concile qu’est présenté le président du CCFD, plus précisément, comme un
défenseur « positif » de l’ « héritage conciliaire ». Il
s’agit bel et bien de « continuer à porter l’esprit du concile ». Ces
mots ayant au premier abord un sens assez vague, il convient certainement, afin
de mieux comprendre la signification que l’on doit leur prêter, de se reporter
à une récente contribution positive
de M. Aurenche à la défense de l’héritage conciliaire, plus exactement à une
tribune que le Groupe Paroles a fait paraître dans La Croix en mars 2011, Guy Aurenche figurant parmi les signataires,
sous le titre évocateur « Le christianisme doit retrouver le chemin de
l’incarnation »[2].
vendredi 16 novembre 2012
Raffaele MELLACE, Johann Adolf Hasse, L’Epos, Palerme, 2004, 517 pages
S’il a déjà longuement été question de Johann Adolf Hasse
sur ce blogue, il convenait certainement d’appuyer ces diverses considérations
sur le principal ouvrage publié sur la vie et l’œuvre du Saxon. Auteur d’une
thèse sur les mises en musique de l’Achille in Sciro de Métastase par Caldara, Leo et Hasse, professeur d’histoire de la musique à l’université catholique de Milan et
à l’Université du Piémont Oriental, collaborateur
de la revue Amadeus, Raffaele Mellace
a en effet consacré à ce compositeur un bel ouvrage qui mérite d’être signalé à
tous ceux qui s’intéressent à cette figure essentielle du XVIIIe siècle
musical. L’auteur ne cache pas son but : il s’agit de remédier à l’oubli
dans lequel est tombée la musique de Hasse au cours des XIXe et XXe siècles,
victime du triomphe de la bourgeoisie dans l’Europe postrévolutionnaire et de
la disparition des institutions courtisanes ou ecclésiastiques où avait vu le
jour l’œuvre du compositeur, ainsi que de la musicologie nationaliste et de
l’idéal romantique de la musique absolue (p. 19). Hasse, représentant par
excellence, tant par sa vie que par sa musique, de la sociabilité du milieu du
XVIIIe siècle (p. 21) et d’une époque qu’une musicologie aux vues souvent
téléologique tend à considérer comme une simple transition entre le baroque
tardif de Bach et de Haendel et le classicisme de Haydn et de Mozart (p. 18), a
été ainsi frappé par une véritable « damnatio
memoriae » (p. 21). Mellace vise donc non tant à faire œuvre de
chercheur ou d’érudit qu’à constituer une synthèse des divers travaux publiés
sur Hasse et sa musique en vue de les faire connaître et d’attirer sur eux
l’attention des mélomanes. samedi 3 novembre 2012
Dominique AVON et Philippe ROCHER, Les jésuites et la société française (XIXe-XXe siècles), Editions Privat, Toulouse, 2001, 288 pages
Comment les jésuites, champions de l’intransigeance
catholique au XIXe siècle, en sont-ils venus, dans la seconde moitié du XXe
siècle, à se faire les promoteurs d’un « nouvel humanisme » qui va
jusqu’à mettre à distance le christianisme et l’autorité de l’Eglise ? C’est
à cette question que Les jésuites et la
société française (XIXe-XXe siècles), publié aux éditions Privat en 2001
par Dominique Avon, maître de conférence à l’université Paul-Valéry de
Montpellier et auteur d’une thèse sur le P. Doncœur, et Philippe Rocher, auteur
d’articles sur l’histoire des jésuites en France et au Québec à l’époque
contemporaine, peut donner quelques éléments de réponse. Supprimée en France
dès 1764 et universellement en 1773, victime des assauts des Lumières comme des
jansénistes, la Société de Jésus est rétablie en 1814, s’affirme aussitôt comme
le fer de lance de la reconquête catholique de la société française et occupe
donc une place singulière dans les rapports qu’entretient l’Eglise avec le
monde. lundi 29 octobre 2012
L'apparition de la haine généralisée de la Raison (1950-1980)
« C’est toi que j’invoque, ô Christ ! C’est de la
couleur de Ton Sang versé pour nous,
dont nous avons teint les étendards populaires. »
Jules Alix
(membre du Conseil de la Commune de Paris)
Paroles de combat
« Sur un vieux fond de mysticisme chrétien et
de spiritualité catholique, je suis à la fois
nietzschéen et marxiste. »
Antoine de Saint-Exupéry
Propos rapporté par Jean Mermoz
« Cette façon en quelque sorte gallicane
de penser religieusement l’athéisme,
comme un croyant vit sa foi, est un des
traits caractéristiques de bien des
Français d’aujourd’hui. »
Comte Hermann von Keysserling
Analyse spectrale de l’Europe
En ce qui concerne les années 1950-1980, le schéma de l’histoire politique qui prévaut est à peu près celui-ci : les « forces démocratiques » (bourgeoisie classique – « droite » – centre – démocratie chrétienne) auraient fait chorus contre un « danger » omniprésent, représenté en France par le Parti Communiste : le « totalitarisme ». En outre, « à l’extrême gauche » se serait située une terra incognita de groupuscules pouvant entraîner à diverses aventures, depuis une dictature un peu plus plombante que celle des « staliniens » jusqu’à une sorte d’anarchie libertaire. On oublierait presque de citer de très petits partis ou courants dits de « nouvelle gauche », ainsi que les « chrétiens de gauche », qui soulevaient parfois des questions hors du cadre politique convenu.
jeudi 27 septembre 2012
« Tentatives désespérées » de définition d’une aumônerie étudiante…
Rassemblement "Ecclesia Campus", regroupant les communautés chrétiennes des grandes écoles françaises (Source : http://jeunescathos49.fr/cge-chretiens-en-grandes-ecoles/)
Dans la brochure publiée pour la rentrée de septembre
2012 par les aumôneries chrétiennes
(sic) d’une grande école parisienne dont nous tairons le nom par souci d’éviter
d’inutiles polémiques et parce que la brochure n’était probablement pas
destinée à être diffusée hors de l’école, quoiqu’en soi rien ne s’y oppose, une
« présentation de l’aumônerie » pour le moins surprenante. En effet,
cette présentation consiste en sept « tentatives désespérées de
définition » dont c’est peu dire que le contenu laisse songeur.
mercredi 19 septembre 2012
Compte rendu de la conférence de l’abbé Guillaume de Tanoüarn : Vincent Peillon, ministre de la religion laïque. Nouvelle donne sur la laïcité en France
L’abbé Guillaume de Tanoüarn, prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, a tenu le 18 septembre 2012, dans le cadre des conférences du mardi du Centre culturel chrétien Saint-Paul, une conférence sur la tradition intellectuelle laïque dont Vincent Peillon, actuel ministre de l’Education Nationale, se veut l’héritier.
dimanche 9 septembre 2012
Pourquoi les catholiques ne comprennent plus l’enseignement de l’Eglise : à propos d’un article de René Poujol
René Poujol, journaliste à l’hebdomadaire Le Pèlerin, a publié récemment sur son blogue une réponse[1] à une tribune où Natalia Trouiller, journaliste elle aussi, s’efforçait de mettre en évidence la valeur et la beauté de l’enseignement de l’Eglise catholique en matière de morale sexuelle[2]. Après avoir assuré Natalia Trouiller de son estime et de son amitié, et l’avoir remerciée d’avoir sereinement exprimé son point de vue, René Poujol se déclare cependant insatisfait de la réponse qui lui est faite.
Inscription à :
Articles (Atom)
