Il y a quelques jours à peine, nous parlions ici même de ce que nous appelions la « tentation intellectuelle » de certains catholiques, que nous caractérisions par la priorité accordée à ce qui est intellectuellement intéressant à ce qui est doctrinalement vrai. Il semble que cette définition est incomplète : il lui manque un second trait, savoir : la tendance, pour ne pas paraître terre à terre, à s’affranchir de la lettre des textes et de toute référence précise pour se lancer à corps perdu dans de grandes idées souvent aussi vagues que générales, supposées géniales et par suite seules conformes au génie du christianisme.
jeudi 19 avril 2012
mardi 17 avril 2012
Réponse à un anonyme : Faut-il être original ? - A propos d'une certaine tentation intellectuelle
A la suite de mon article « Un aveu de taille du quotidien La Croix », un commentateur anonyme me faisait le reproche qui suit :
A mon avis, il n'y a pas de discussion, d'arguments, d'idée intéressante, originale dans cette recension. Je m'attendais à un vrai contre-débat. La recension est juste une recherche d'indices, de mots clés pour ensuite classer dans des catégories connues. C'est un travail mental, mais pas intellectuel, à mon humble avis...
Première précision : cet article ne se voulait pas une recension, au sens d’un compte rendu critique d’un ouvrage. Si recension il y a, c’est l’article du P. Neusch, qui fait bel et bien la recension de l’ouvrage d’un théologien orthodoxe.
mardi 10 avril 2012
L'inexorable perte de souveraineté économique des Etats européens
Selon la typologie établie par l'économiste Richard Musgrave en 1959, l’une des trois fonctions de la politique économique est la stabilisation des fluctuations économique à court terme : au cours du temps des chocs peuvent faire dévier l’économie de son équilibre de long terme : la hausse du prix du pétrole par exemple induit un ralentissement de l’activité. La formation d’une bulle immobilière conduit au contraire à une surchauffe temporaire. On dit qu’à court terme l’activité économique fluctue autour de sa tendance de long terme. C’est là qu’intervient la politique de stabilisation : l’Etat essaye de réduire l’écart entre la production effective et son niveau potentiel. En période de surchauffe, il faut ralentir l’activité (en augmentant le coût de crédit aux entreprises par exemple) ; et en période de ralentissement, il faut au contraire soutenir l’activité, en subventionnant la demande, par exemple.
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| Richard Musgrave, pofesseur d'économie politique à Harvard |
Depuis la mise en place de la monnaie unique, les Etats concernés ne disposent plus que partiellement de la fonction de stabilisation de leur politique économique. Depuis la crise des dettes souveraines, ils n’en disposent plus du tout, avec les conséquences dramatiques que nous observons en Grèce…. Pour autant, l’euro est-il le seul responsable de cette situation ? Celle-ci n’est-elle pas au contraire le fruit d’une évolution historique et économique inexorable ?
lundi 2 avril 2012
Raymond HUARD, La naissance du parti politique en France, Presses de Sciences Po, Paris, 1996, 383 pages
Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paul Valéry de Montpellier, Raymond Huard s’attache, dans La naissance du parti politique en France, à retracer l’émergence au cours du XIXe siècle de l’organisation partisane des forces politiques. Résultat de l’identification entre une opinion politique déterminée et une organisation nationalement ou internationalement structurée, le parti a longtemps souffert de sa mauvaise réputation : les partis, comme le note l’auteur au début de son ouvrage, sont perçus comme des factions, des machines, des appareils qui pervertissent le débat politique et rendent impossible la libre discussion. De plus, si de nombreuses études ont été conduites sur les forces politiques françaises, peu s’interrogent sur la genèse de leur organisation partisane ; dans Pour une histoire politique (1988), dirigé par René Rémond, Serge Berstein, chargé du chapitre sur les partis, note ainsi que l’étude des partis s’est souvent limitée à des monographies très événementielles ou à des ouvrages focalisés sur les formations marxistes, parfois non sans parti-pris idéologique, ce qui a contribué à jeter le discrédit sur l’histoire des formations partisanes.
lundi 26 mars 2012
La présidentielle 2012 : une campagne inintéressante
Selon un sondage Ipsos, 65 % des Français estiment que la campagne présidentielle est peu intéressante[i]. Nous les comprenons ! Et pour cause ! Réduction du déficit oblige, les candidats ne parlent que d’économie. Enfin, d’économie : de comptabilité ou de gestion. Les débats économiques de fond, sur les bienfaits de la mondialisation, sur la libéralisation et la financiarisation de l’économie, à l’œuvre depuis les années 1980, sur le bienfondé de l’existence même des inégalités sociales (après tout pourquoi devrait-il y avoir des riches et pourquoi devrait il y avoir des pauvres ?) sont les grands absents de cette campagne. L’économie en tant que théorie de la répartition des richesses est invisible dans les débats de 2012. A la place, préférons les comptes d’apothicaires ; débattons du nombre de milliards d’euros nécessaires au financement de telle ou telle mesurette. Du fait de la crise de la dette, de la perte du triple A qui soulève la crainte d’un avenir aussi triste que celui de la Grèce, les candidats sont contraints de présenter des programmes autofinancés. Chaque mesure doit être chiffrée et son financement doit être explicité.
Tout cela est stérile et vain.
dimanche 25 mars 2012
Un aveu de taille du quotidien La Croix
On lit trop peu la rubrique « Livres et Idées » du quotidien assomptionniste La Croix. Livres et idées : cela nous dit bien ce que lit La Croix, et ce qu’elle en pense. Le numéro du jeudi 22 mars 2012 nous en donne un bon exemple. Ce numéro nous propose en effet (p. 16) une recension par le P. Marcel Neusch, assomptionniste, d’un ouvrage de Jean-Claude Larchet, « l’un des théologiens orthodoxes les plus en vues », intitulé L’Eglise Corps du Christ. Nature et structure, paru récemment aux éditions du Cerf. Que le P. Neusch soit attentif aux évolutions de la pensée orthodoxe est fort compréhensible : en effet, Jean-Claude Larchet nous présente une « image de l’Eglise » orthodoxe que l’on « gagne à mieux connaître si l’on veut progresser sur le chemin de l’unité ». Il s’agit donc, en rendant compte de ce livre, d’exposer rapidement les « divergences d’ordre théologique sur la nature de l’Eglise » entre catholiques et orthodoxes.
Ce qui surprend en revanche, ce sont les points qui suscitent l’approbation ou les réserves du P. Neusch. Par exemple, que l’auteur « marque à toute occasion sa réticence par rapport à la théologie romaine » ne semble pas appeler de la part du religieux assomptionniste davantage de commentaires. N’aurait-il pas été utile qu’un prêtre catholique vînt répondre aux objections formulées par un chrétien séparé contre la doctrine de l’Eglise de Rome ? Mais il est vrai qu’on peut encore attribuer une telle sobriété aux contraintes qu’impose évidemment au journaliste le cadre restreint d’un article de quotidien.
jeudi 22 mars 2012
Bref tour d'horizon de la discographie de Hasse (3) : La musique sacrée chorale
Compositeur catholique, Johann Adolf Hasse a composé de nombreuses œuvres sacrées tant pour l’institution vénitienne des Incurabili que pour la cour catholique de Dresde : on peut citer ainsi une dizaine de messes, deux Requiem, des Te Deum, des psaumes, écrits dans un style concertant très italien. Ce répertoire sacré choral a fait l’objet d’un certain nombre de disques, parfois de bonne qualité artistique.
mardi 13 mars 2012
Une contribution du quotidien La Croix à la Journée de la femme…
Mme Schori, présidente de l'Église épiscopalienne des Etats-Unis (Source : MessaInLatino)
Par souci peut-être d’apporter sa contribution à la Journée de la femme, le quotidien assomptionniste La Croix a jugé bon de publier le jeudi 8 mars un article (p. 19) signé par Tristan de Bourbon, correspondant du journal à Londres, intitulé « Les femmes prêtres trouvent leur place dans l’Eglise anglicane ». L’article se veut certainement neutre, informatif. Il se fonde sur le témoignage de trois femmes anglicanes : Rosie Harper, âgée de 56 ans, ancienne cantatrice, « prêtre » depuis 2000, Sally Hitchiner, âgée de 32 ans et Katie Tupling, âgée de 37 ans, « vicaire de trois paroisses proches de la ville de Derby ».
dimanche 11 mars 2012
Didone abbandonata de Hasse à Versailles le 10 mars 2012 : bref compte rendu
Le public français ne peut qu’être reconnaissant à Michael Hofstetter, à ses chanteurs et à ses musiciens de lui avoir fait découvrir une œuvre, et, de surcroît, une belle œuvre, de Johann Adolf Hasse. Le même public n’en est pas moins en droit de se demander pourquoi on a jugé indispensable de le priver d’un tiers de ladite œuvre. Car de da capo supprimés en récitatifs abrégés, ce n’est plus vraiment la Didone abbandonata de Hasse, opera seria créé à Hubertusburg le 7 octobre 1742, qu’il a pu entendre : c’est un opéra raccourci, terriblement raccourci – mais me dira-t-on, il en reste près de trois heures de musique – et non seulement raccourci, mais atteint jusque dans la cohérence de son intrigue et l’essence de sa musique.
jeudi 1 mars 2012
Bref tour d’horizon de la discographie de Hasse (2) : Les oratorios
Si l’on veut découvrir la musique de Johann Adolf Hasse sous un jour plus flatteur, il faut donc se tourner vers sa musique sacrée. On peut signaler tout d’abord, dans un style proche de celui du théâtre, les oratorios. Il ne s’agit pas ici de faire une critique systématique et méthodique des différents enregistrements, mais de fournir à une personne qui ne connaîtrait que très peu Hasse un petit guide pratique qui lui permettrait de se familiariser avec sa musique.
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