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lundi 26 mars 2012

La présidentielle 2012 : une campagne inintéressante

Selon un sondage Ipsos, 65 % des Français estiment que la campagne présidentielle est peu intéressante[i]. Nous les comprenons ! Et pour cause ! Réduction du déficit oblige, les candidats ne parlent que d’économie. Enfin, d’économie : de comptabilité ou de gestion. Les débats économiques de fond, sur les bienfaits de la mondialisation, sur la libéralisation et la financiarisation de l’économie, à l’œuvre depuis les années 1980, sur le bienfondé de l’existence même des inégalités sociales (après tout pourquoi devrait-il y avoir des riches et pourquoi devrait il y avoir des pauvres ?) sont les grands absents de cette campagne. L’économie en tant que théorie de la répartition des richesses est invisible dans les débats de 2012. A la place, préférons les comptes d’apothicaires ; débattons du nombre de milliards d’euros nécessaires au financement de telle ou telle mesurette. Du fait de la crise de la dette, de la perte du triple A qui soulève la crainte d’un avenir aussi triste que celui de la Grèce, les candidats sont contraints de présenter des programmes autofinancés. Chaque mesure doit être chiffrée et son financement doit être explicité. 




Tout cela est stérile et vain. 

samedi 4 février 2012

Retour sur la polémique autour de la loi "Pompidou Giscard" de 1973

Récemment, la loi du 4 Janvier 1973, dite « loi Pompidou-Giscard » a beaucoup fait parler d’elle.  Au cœur de la polémique, l’article n°25 qui dit : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France. » Cela signifie que le trésor public ne peut demander à la banque de France de lui fournir des avances sur les sommes futures qu’il va percevoir. L’Etat français ne peut plus s’endetter auprès de sa banque centrale ; il doit donc faire appel de manière exclusive aux créanciers privés. Rappelons que jusqu’à cette date, l’Etat a très souvent fait appel à des créanciers privés pour s’endetter (souvenons-nous des grands emprunts lors de la Grande Guerre, ou des 100 millions de dollars prêtés par le groupe Morgan et la banque Lazard à la France de Poincaré en mars 1924, fort utiles pour enrayer la crise du Franc.).


Affiche incitant les Français à souscrire à l'emprunt de la Victoire, pour financer l'effort de guerre

Dans cet interdit, certains voient la soumission de notre Etat au diktat des marchés financiers. D’autres n’y voient qu’une mesure de bon sens permettant d’éviter une pratique inflationniste. Les premiers se sentant pris pour des idiots par les seconds demandent alors : comment se fait-il que la création monétaire par la banque centrale est inflationniste tandis que la création monétaire par les banques privées ne le serait pas ?
C’est une question passionnante, et pour l’instant les réponses fournies sont peu nombreuses et trop elliptiques. Avec nos modestes moyens, nous allons essayer d’apporter une réponse détaillée et précise à cette question qui enflamme la blogosphère.