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mercredi 18 juillet 2012

Les catholiques de gauche (6) : Pourquoi les progressistes restent-ils dans l'Eglise ?

La lecture des « billets » du Centre Pastoral Halles-Beaubourg permet de constater le malaise qu’éprouvent certains de leurs rédacteurs au sein de l’Eglise aujourd’hui. « A titre personnel, je me demande quelle est ma place dans cette église qui est si massivement étrangère à mes opinions », se demande ainsi un rédacteur en songeant que 80% des catholiques pratiquants ont voté à droite aux dernières élections présidentielles[1].

samedi 14 juillet 2012

Les catholiques de gauche (5) : L'héritage pastoral du progressisme chrétien - Un exemple parisien

S’il existe un corps de doctrine catholique de gauche issu du progressisme des années 1950 et qui s’est transmis jusqu’à nos jours, celui-ci demeure le plus souvent implicite et peu précis, malgré la relative netteté des choix fondamentaux qu’il opère. En effet, l’héritage du progressisme chrétien est avant tout pastoral. Même la théorie de l’assomption promue par le P. Montuclard, intellectuel qui entretenait peu de liens directs avec le terrain, est difficilement dissociable du contexte pastoral qui l’a vu naître, celui du mouvement missionnaire ouvrier et de la remise en cause de l’Action catholique mandatée.

mardi 10 juillet 2012

Les catholiques de gauche (4) : L’héritage doctrinal du progressisme chrétien


Parmi les catholiques, le terme de « progressiste » revêt aujourd’hui une signification assez vague : il sert en effet indistinctement à désigner catholiques de gauche, néomodernistes et adversaires de la morale naturelle. Il en était différemment au début des années 1950. Non qu’il eût alors été facile de définir ce qu’étaient les progressistes chrétiens : nombre de ceux qu’on appelait ainsi refusaient d’être ainsi qualifiés, et il est malaisé de présenter une synthèse de leur doctrine : Jeunesse de l’Eglise, dont il a été question dans l’article précédent, n’en constituait que la pointe extrême, et ses membres avaient peu de liens directs avec l’action, tandis qu’au contraire nombre de militants considérés par leurs adversaires comme progressistes n’ont jamais fait l’effort d’élaboration théorique auquel a pu se livrer le P. Montuclard. Mais l’on peut du moins avancer une ébauche de définition générale de ce qu’est le progressisme : au milieu du XXe siècle, être progressiste consiste à considérer que l’on ne peut s’opposer au communisme sans se couper de la classe ouvrière[1].

jeudi 5 juillet 2012

Les catholiques de gauche (3) : De la chrétienté à la mission – Le tournant progressiste

Les Saints vont en enfer, roman de Cesbron sur les prêtres-ouvriers

Le vocabulaire de la chrétienté, et, dans une moindre mesure, celui de la mission, dénotent aujourd’hui souvent l’appartenance à un catholicisme très traditionnel ou du moins « identitaire », à mille lieues du catholicisme de gauche, et il est significatif que les deux mots de « chrétienté » et de « mission » soient accolés à celui de « Tradition » dans l’une des devises du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, qui réunit des catholiques attachés à la liturgie latine traditionnelle. Les choses n’ont cependant pas toujours été aussi claires ; et ces deux mots, avec des implications certes parfois bien différentes, ont pu être invoqués par des catholiques de gauche, voire constituer leur objectif prioritaire.

samedi 16 juin 2012

"Catholiques d'abord" (2) : Permanences et dérives du mouvement catholique au XXe siècle

Cet article est la suite du compte rendu de l'ouvrage d'Yvon Tranvouez Catholiques d'abord. Approches du mouvement catholique en France (XIXe-XXe siècle) dont la première partie a été publiée ici : http://contre-debat.blogspot.fr/2012/06/catholiques-dabord-1-le-mouvement.html

Pie XI, promoteur de la "nouvelle chrétienté"
La deuxième partie de l’ouvrage d’Yvon Tranvouez examine les rapports de la « nouvelle chrétienté » promue sous le pontificat de Pie XI avec la modernité. L’idée d’une « nouvelle chrétienté » est développée à partir de l’encyclique Quas Primas sur la royauté du Christ (p. 109) après avoir été esquissée dès l’encyclique Ubi Arcano, qui se donne un programme de restauration de l’ordre social chrétien (p. 115). En France, la mobilisation contre le Cartel des Gauches favorise la concentration des forces catholiques. L’auteur parle ainsi d’une « convergence catastrophique » (p. 116), propre à nourrir le discours intransigeant catastrophiste sur la faillite inévitable de la société (p. 119) dans un contexte marqué par le péril communiste ou par la révolte des Cristeros au Mexique.