Y a-t-il eu une « option fondamentale » que l’épiscopat français aurait prise au lancement de l’Action catholique selon le cardinal Marty, à la condamnation de l’Action française selon Jean Madiran, et que le second concile du Vatican aurait « authentifiée[1] » ?
L’ouvrage de Catherine Masson, maître de conférence à la Faculté libre de sciences humaines de Lille, Le cardinal Liénart. Evêque de Lille (1928-1968), issu d’une thèse de doctorat soutenue en 1999, fournit peut-être quelques éléments de réponse. « Evêque de Pie XI » selon sa propre expression, figure emblématique d’une génération de prélats français nommés dans le sillage de la condamnation de l’Action française, créé cardinal par Pie XI dès 1930, Achille Liénart était présenté au Pape par le cardinal Gasparri comme « l’un de nos évêques nouvelle manière » (p. 155), et Yves-Marie Hilaire, dans la préface qu’il donne à l’ouvrage, le qualifie de « véritable cardinal de la mission » (p. 11). C’est avant tout sous ce rapport, celui de l’effort pastoral de l’évêque de Lille, que Catherine Masson envisage la vie et l’action de cette grande figure française de l’Eglise du XXe siècle.